Pensées de la semaine (ou du mois)

Depuis toujours, j'ai des pensées, et idées, et réflexions à 200 kms/h, et, et, et... dans la tête. Ce foisonnement a augmenté avec la maternité et ma formation pro. Je me suis dit que je pourrais vous les partager de temps à autre, ça pourrait m'alléger, et en même temps, vous montrer l'envers du décor d'une consultante parentale et formatrice et maman totalement imparfaite et en chemin. 

Et si j’avais suivi ce cycle avant de changer de métier ? (mai 2019)

Attention, qu’on me comprenne bien dès le début de ce témoignage : je ne regrette pas d’avoir évolué de « l’éducation » des élèves, qui a toujours été une vocation, vers l’accompagnement des adultes, sujet qui m’intéresse aujourd’hui tout autant que la pédagogie pour transmettre aux enfants et adolescents me passionnait à l’époque. Et en même temps, quand j’ai terminé ma propre formation, et ai lu le programme entier du cycle « Vivre et Grandir Ensemble, spécial enseignants », une petite nostalgie m’est venue, avec cette chanson magnifique de Bob Marley, « Redemption Song »[1]

 

Alors oui, j’ai suivi un autre chemin pour émanciper mon esprit, me libérer du mental, pour prendre conscience qu’une autre manière d’enseigner, d’apprendre et d’être en lien avec les autres est possible, souhaitable, bienfaisante, et toutes celles et ceux qui poursuivent cette passion et cette vocation devraient pouvoir y avoir accès !

 

Je me suis souvenue avec émotions de toutes ces années à tâtonner, partager, faire aimer, et je voulais vous les offrir, vous témoigner mes expériences et maladresses, mes succès et galères de jeune prof impulsive nourrie d’une génération Rap – Hip Hop (je suis née en 1981) assez violente verbalement bien que j’aie grandi au sud de la capitale française, à la campagne, loin des agressions urbaines qui existaient déjà à l’époque à quelques heures de chez moi au-dessus du périphérique. 

 

Flash-back : donc c’est décidé, je vais passer 2 concours (CAPES et agrégation), et comme j’aime les jeunes et j’aime l’espagnol, et que je suis motivée, tout va bien se passer ! N’est-ce pas…

 

Comme je trouve qu’il n’y a pas assez d´écart d’âge entre mes potentiels futurs élèves (si on me donne des classes de terminale, je n’aurais que 4 ans de plus qu’eux !) et mon impétuosité juvénile et rebelle, je me dis que je vais aller mûrir quelques mois sous le soleil… me voilà en École Officielle de Langues en Andalousie, comme assistante de français. 

 

Premières déconvenues : je me voyais déjà leur faire des conférences sur Toulouse-Lautrec et décortiquer des paroles de Zebda… ils voulaient juste parler de la pluie et du beau temps !  Je me rappelais avec délice des cours magistraux de mes enseignants de Khâgne sur l’histoire du Romantisme Lamartinien, ils voulaient apprendre à demander le prix d’une pression dans un bistrot sans se faire avoir sur le rendu de la monnaie. Bien sûr ! Ils étaient adorables et hyper motivés, des adultes pour la plupart, et je les remercie pour cette patience qu’ils ont eu face à mes exigences littéraires et illusions de petite nouvelle sans expérience du terrain « de l’autre côté ». 

 

C’est là que ça devient « drôle », quand j’arrive en tant que stagiaire sur 2 établissements à Perpignan : lycée général et technologique, avec ces fameux jeunes qui avaient l’âge de ma petite sœur, et collège ZEP. Je suis en formation, je n’ai pas beaucoup de classes, pas beaucoup d’heures de cours, je crois que je ne m’en sors pas si mal. J’ai surtout un bon tuteur au collège (même si aujourd’hui je serai ravie de lui présenter ce que nous proposons en Parentalité Créative !) et des élèves vraiment sympas au lycée : quand je pense que j’ai donné un jour une punition collective le vendredi 16h avant les vacances, au lieu de regarder un film, car certains élèves n’avaient pas apporté leur matériel ! Je me souviens encore des rédactions de ces jeunes vraiment chouettes, je m’en suis rendue compte par la suite (certains m’avaient expliqué à l’écrit en quoi cette punition était « injuste », pour d’autres « vide de sens », pour d’autres encore bien informés « illégale » … bref, chapeau ! La majorité était quand même très adaptée et avait répété sans grande conviction, enfin j’espère, le fameux « c’est ma faute, j’le f’rai pu »). Mais l’équipe pédagogique et administrative était assez classique, les parents nous soutenaient… l’incident n’a pas fait de vagues. Moi il m’a marquée, j’en ai encore un peu honte, mais c’est en faisant des erreurs qu’on apprend, non ?

 

Direction la région parisienne, évidemment, remplaçante sur 2 collèges assez éloignés, ça se corse, les classes sociales ne sont pas les mêmes, je suis à temps plein, et encore très maladroite et pas à l’aise sur l’autorité que je veux incarner. Quand ça se passe bien, et bien ça se passe très bien ! Mais dès que les élèves « n’obéissent pas » … que faire ? Les conseils des collègues ne me correspondent pas forcément, d’autres m’attirent, mais je n’ose pas les imiter, et j’empire parfois les choses. Je tente pleins de méthodes, d’activités, très belles sur le papier, mais je ne m’adapte pas vraiment aux réels besoins de chaque classe, de chaque individu, même si j’ai l’impression pourtant de le faire. Je suis encore hors de moi, je ne sais pas encore vraiment les observer, les comprendre, les écouter. J’ai beaucoup d’attentes scolaires, et je me régale avec les ados qui rentrent dans le moule. Mais pour les autres plus réfractaires…et bien je fais mes armes comme on dit ! Je garde des souvenirs très émus, là encore, malgré tous les impairs que j’ai pu faire, le principal m’a soutenue, la fin d’année s’est très bien terminée et je suis restée longtemps en contact avec quelques-uns des élèves, je pense encore à d’autres en me demandant comment ils ont évolué, ont-ils trouvé la voie qui leur correspondait ? 

 

Dernière académie, la Haute-Garonne, où je donnerai mes derniers cours, où je gagnerai enfin mon poste de titulaire, mais où finalement je commencerai à m’étioler, ou plutôt à me sentir à l’étroit. 

Collège avec classes SEGPA pour commencer, quelle richesse ! Les conditions sont assez affreuses, les profs pas reconnus, l’équipe de direction pas vraiment à la hauteur ni compétente, la population à 75 % gitane. Je me suis régalée. (J’en ai bavé aussi, mais l’émotion qui me revient quand je repense à cette année est vraiment l’enthousiasme !)

Je me bats tous les jours pour accrocher les élèves, que ce qu’ils apprennent leur plaise, j’ai un gros challenge car il y a beaucoup d’absentéisme, mais l’équipe éducative (mes collègues sont professeurs des écoles) est vraiment top, elle connaît la réalité du terrain, je commence enfin à vraiment habiter mon métier, à montrer qui je suis vraiment, ou devenir qui je voulais être, comme a écrit un jour mon ami Friedrich[2]

Mes dernières années, les moins intenses, et en même temps les plus enrichissantes sur ma pratique d’enseignante, se passeront dans un lycée général et technologique. Je commence à passer de plus en plus de temps sur les réseaux sociaux et forums de profs, je découvre le GFEN [3]et le mouvement des Colibris qui m’inspirent énormément, et je mets en place de vraies « réformes » profondes dans ma manière d’être et d’enseigner, ce que je résumerai aujourd’hui à 2 actions internes finalement : lâcher et me relier. Lâcher de nombreuses croyances sur la discipline, sur les acquisitions et les programmes, sur tout ce que je suis censée apporter de manière formelle à mes classes, et je me relie. Je me relie vraiment à eux, à elles, à ce qu’ils sont, ce qu’ils veulent, ce qui les fait vibrer et ce qui les handicape, et je fais du sur-mesure, je les aime vraiment, je n’ai plus d’attentes sur eux. 

Cela passe par de nombreuses vagues, tensions, dépressions, exaltation, et en même temps je sens de plus en plus que ma place est ailleurs, qu’il faut aller plus à la source, aller rencontrer les parents, dans un autre contexte que cette relation de lutte mêlée de crainte « parent-prof » pas toujours heureuse. Je deviens moi-même mère, et un autre univers, une autre dimension s’ouvrent à moi. J’ouvre les yeux sur le lien entre « amour » et « châtiments » en France. 

 

Je m’arrête là, car c’est le début de la fin en tant qu’enseignante, j’ai plusieurs opportunités pour me reconvertir en formatrice pour adultes, et je fonce (communication, non-violence, alternatives aux punitions et force du lien et de l’attachement pour grandir, plus, cerise sur le gâteau, neurosciences, tout y était, je devais juste déménager et trouver ma place).

 

Comme je l’avais écrit à l’époque où je suis partie de manière très précipitée (une soudaine mutation de mon conjoint à l’étranger) pour dire au revoir à mes collègues, je suis d’une infinie gratitude pour toutes ces rencontres, tous ces conflits, tous ces chemins croisés, ils m’ont permis d’en être là maintenant à vous écrire, à vous proposer ce stage magnifique, joyeux et intense. Les élèves m’ont nourrie et j’espère leur avoir apporté la moitié de ce qu’ils m’ont offert, en remise en question, en développement personnel, en épanouissement, en kif !!! Je leur demande, sincèrement, une dernière fois pardon pour mes paroles brusques, mes blagues pas très drôles (comment manier l’humour et la vanne quand on a le pouvoir et l’autorité de l’adulte enseignant ? comment savoir recevoir la fraîcheur et l’intelligence vive d’une jeunesse peut-être pas respectueuse, mais sûrement car non respectée ?) 

Elisa, Yann, Aurélie, Moussa, Elyaisse, Grégory, Manel, Maxime, Marion, Kloé, Raquel, Christel, Montserrat, Marie, Abdou, Lucie, … les noms et prénoms ne me reviennent pas, tous les visages par contre restent gravés dans ma mémoire. Et la joie est d’autant plus grande quand on se reconnaît, même 10 ans plus tard, à des kilomètres de l’école, dans un restaurant où vous travaillez, une station-service, à la terrasse d’un café, et que votre sourire illumine mon cœur.

 

Pour vous toutes et tous, je vais proposer et animer cette formation de qualité et indispensable de nos jours pour offrir à la société des citoyens responsables, conscients, heureux, apprenants comme enseignants. 

[1]https://www.franceculture.fr/emissions/les-conseils-du-week-end/lhistoire-dune-chanson-lhistoire-dun-film-et-lhistoire-dun-livre[2]https://fr.scribd.com/document/380214591/NIETZSCHE-deviens-ce-que-tu-es-docx[3]http://gfen.langues.free.fr

Tranche de vie de coach parentale et apprentie écolo. (mars 2019)

Maintenant que je suis formée professionnellement en neurosciences affectives et cognitives, en théorie de l'attachement, en psychologie positive, en cnv, suivie personnellement par une thérapeute (supervision et analyse de pratique), j'ai parfois l'impression d'être un tabacologue écologiste du siècle dernier au milieu de fumeurs qui jettent leurs mégots dans le caniveau, avec en plus la meilleure intention du monde (ils ne le jettent pas "par terre").  Les gens savent que c'est mauvais pour la santé, mais ils ne savent pas bien par où commencer. Ou alors ils ne le savent même pas, refusent encore d'y "croire", que ça dépend des personnes, comme s'il s'agissait encore de croyances ou que les effets secondaires et conséquence de la tabagie ne passeront pas chez eux. Et oui, on a  maintenant des affiches dans toutes les salles d'attente de pédiatrie et de maternités sur les dangers de secouer un bébé, on n'en a pas encore sur les risques et méfaits avérés de ne pas écouter son enfant avec attention et empathie. Le soutien à la parentalité bienveillante reste quelque chose d'alternatif, une "possibilité" au milieu de tant d'autres, comme un choix et non un droit des enfants.
Cela donne lieu, pour moi, dans mon quotidien de citoyenne lambda, à des moments de haute voltige émotionnelle, parfois de communication maladroite, de frustration énorme, quand tel parent tire l'oreille de son enfant dans un café, quand telle amie m'assure avec un sourire que son bébé va s'endormir après 10 ou 15 minutes de pleurs, quand telle maman lors d'une rencontre associative contrôle tellement tous les faits et gestes de ses enfants qu'ils se retrouvent enfermés dans des cases de frères bagarreurs et ne leur laisse même pas l'ombre d'une possibilité de médiation et d'empathie entre eux de manière autonome et créative. Cela leur laisse seulement le sentiment d'incompétence, de subordination à la mère qui a la solution et le dernier mot, de rivalité et de compétition à celui qui se fera le plus ou le moins disputer. Et tout cela devant le regard ébahi et admiratifs de nombreuses grands-mères et jeunes mamans qui pensent à quel point elle "gère bien" cette situation avec fermeté et autorité, sans (trop) crier, sans punir, avec des poses de limites claires et sans appel. 
Et moi je me liquéfie, je me connecte aux besoins de ces petits, d'être entendus, d'être respectés dans leurs rythmes, les résultats de cette "éducation avec amour et fermeté, cadre", blablabla, je revois M.Banks dans sa maison anglaise à discuter avec Mary Poppins. 
Et l'apprenti écolo, convaincue des bienfaits de la permaculture qui vit en moi depuis toute petite se dit "Comment arroser une terre aride, brûlée par trop de soleil, asséchée par manque d'ombre qui a manqué d'eau depuis si longtemps qu'elle ne sait même plus qu'elle en a besoin pour redevenir fertile ? Je ne peux pas planter de graine là maintenant tout de suite, ça serait bien trop prétentieux, je ne peux pas non plus balancer un arrosoir d'eau, je risque l'inondation à coup sûr".
Non, quand je me reconnecte humblement à cette petite fille qui avait besoin d'un amour inconditionnel et d'une écoute empathique à une époque où Dolto ébauchait les timides premières avancées sur les émotions des enfants dans une France tellement imbibée de psychanalyse freudienne et où l'enfant devait encore être élevé à la dure, mené à la baguette, je me dis que je vais y aller tout doux, voir tout d'abord ce qu'il reste encore à soigner chez moi, et y aller goutte à goutte, tel le colibri de la jungle en feu, parce que je sais que nous sommes de plus en plus de colibris dans ce pays en "presque guerre civile" et fracture sociale démesurée , et je me rends disponible, plus que jamais, à tous ces parents aimants (nous le sommes tous, c'est une évidence pour moi) qui vont, tôt ou tard, à leur rythme, plisser des yeux et réussir à les ouvrir malgré ce soleil brûlant en plein hiver, et s'ils ont envie, besoin, d'un peu d'ombre, de fraîcheur, je serai là pour qu'ils viennent reprendre des forces, se ressourcer et repartir plus conscients, plus confiants en leur capacité de parent respectueux et bienfaisant, comme tout parent qui veut, c'est sûr, que son enfant soit heureux. 

Authenticité, congruence et réseaux sociaux. (février 2019)

Depuis que les réseaux sociaux ont vu le jour, je vis une relation compliquée avec eux... inintéressée, puis addicte, puis méfiante, puis blasée, puis... puis j'ai commencé à travailler à mon compte à distance, et il m'est aujourd'hui impensable de travailler sans visibilité sur la toile quand on est semi-nomade comme notre famille. Et puis ces échanges virtuels peuvent être tellement riches d'apprentissages, de témoignages divers et variés qui vous font vous identifier, relativiser, vous informer... de la boulimie de lecture sur papier, je suis passée à dévorer sur papier ET sur écran. C'est grâce à Facebook, je crois, que j'ai découvert PEPS, grâce aux forums de l'époque que je me suis sentie soulagée et découvrant Carlos Gonzalez, grâce aux moteurs de recherche que j'ai navigué et trouvé notre voie "non scolaire" en discutant jour et nuit avec des parents de tous horizons et de tous les pays dans plusieurs langues pour avancer et fabriquer notre propre route. 
Oui mais voilà. J'ai aussi eu des rencontres "surprenantes", de personnes que je croyais connaître "sur la toile", et qui s'avéraient toutes autres dans la réalité "en chair et en os". Le fameux "fais ce que je dis, pas ce que je fais", ça existe partout, même dans la parentalité bienveillante, consciente, positive, appelez-la comme vous préférez, dans les réseaux alternatifs, dans ce petit monde 2.0 plein d'injonctions douces et de gentil voyeurisme du nouveau siècle (regardez comme ma vie est belle sous toutes les coutures, et surtout, commentez svp!). Je me suis moi aussi sentie parfois "illégitime", ce fameux syndrôme de l'imposteur, quand nos idéaux et volontés ne cadrent pas avec le quotidien et les difficultés du terrain. Je publiais un post sur twitter ou LinkdIn, puis je me trouvais confrontée à la maison avec un dilemme avec mes enfants que je pensais avoir réglé auparavant. Je lisais un article de tel blog très connu sur l'éducation respectueuse, et je ne me sentais pas à la hauteur par rapport à mon parcours, à mon métier. 
Il y a peu, en retravaillant ces paradoxes et blocages personnels avec ma coach (et oui, je trouve très important, voire essentiel, quand on travaille dans l'humain, et qu'on accompagne des parents et professionnels de l'enfance, d'être soi-même supervisé dans nos pratiques et notre vie, car c'est un travail qui ne s'arrête jamais!), je me suis rendue compte qu'une des valeurs les plus fortes pour moi est la cohérence, cohérence entre mon intérieur et mon extérieur, entre mon intention et mes actes, entre mes élans et la réalité que m'offre le terrain. Cela m'a aidé à prendre de la distance avec tout ce qui fleurit aujourd'hui par écrit sur les écrans, à l'oral dans les conférences, et ce qui peut se vivre au jour le jour, dans l'intimité d'une famille, d'une personne. 
Et c'est ce que j'ai envie de conclure pour vous, les parents du XXIè siècle qui me lisez, qui voulez le meilleur pour leurs enfants, et qui pensez que cette formation - atelier n'est pas pour vous car ça a l'air si compliqué que ça vous culpabilise, ou ça vous agace : sentez derrière chaque attitude le vrai, le sincère, car "c'est par la faille que jaillit la lumière".

Mon premier article !

Mon premier... publié... des textes, nouvelles, poèmes, articles, j'en écris sur des feuilles volantes depuis que je sais écrire, ensuite sur mon ordinateur, un peu comme tout le monde j'imagine, mais jamais je n'avais osé demander un espace à moi dans un magazine... c'est chose faite avec le dernier PEPS (en vente dans les lieux où je travaille, plus d'infos sur place ou en mp). Je suis tellement heureuse, je vous l'offre en partie ici

« Caminante, no hay camino, se hace camino al andar »: vers très célèbres du poète espagnol Antonio Machado, qui peut se traduire ainsi : « Voyageur, il n'y a pas de chemin, le chemin se crée en marchant ». 


Si je vous dis que le départ de ce «pèlerinage» particulier a commencé... dans une salle de profs de lycée? Quelle ironie et clin d'oeil de la vie! À l'époque j'étais jeune enseignante d'espagnol, ça avait pourtant été une vocation, et une sorte d'héritage aussi, mes grands-parents avaient été les fiers instituteurs de la République laïque, mais déjà je sentais la frustration et l'indignation pointer de plus en plus (trop) souvent le bout de son nez.

Les programmes trop ambitieux par rapport aux moyens alloués, les réformes incessantes, tout ce que j'aurais voulu mettre en place mais qui demandait plus de fluidité, d'improvisation, de soutien, de travail d'équipe, je m'y retrouvais de moins en moins.

Je me retrouvais tous les jours face à 35 «otages» qui n'avaient pas vraiment envie d'être là, tous très attachants, sympathiques et intelligents, mais seuls 10-15% rentraient dans le moule de ce qu'on attend d'eux selon le rail où on les avait placés.

Mon aînée avait 2 ans, je l'amenais 20 heures/semaine chez une assistante maternelle, douce, aimante et impliquée, la séparation n'en était pas pour autant sans douleur, 3 matinées inconfortables de stress et de pleurs, quel bonheur pour démarrer dans la vie. Heureusement qu'elle et son mari savaient y faire et que je retrouvais ma fille avec le sourire le soir et pouvais parler de comment s'était passée la journée avec tout le monde.

Et puis il y avait ce professeur bientôt à la retraite, complètement atypique, qui souriait tout le temps, ne se plaignait jamais, se nourrissant de micro-méditations et de graines germées au milieu du brouhaha des lamentations des autres collègues, et semant ci et là des citations de Don Luis Miguel Ruiz un jour, de philosophie et spiritualité orientales un autre, qui cherchait une autre famille pour créer une sorte de petit éco-habitat groupé sur son lieu de résidence.

C'était décidé, nous allions vivre avec sa femme et sa fille de 11 ans! Grâce à eux, je découvrais la permaculture, les revues Kaizen et l'Âge de Faire... et au détour des multiples conversations passionnantes, André Stern. Je rentrai chez moi avec un article retraçant son parcours, et je me souviens avoir pensé ce jour-là: « Mais c'est génial, et d'autant plus génial que c'est évident en fait! ». Et en même temps, il me paraissait évident à l'époque que ce genre de vie ne m'était pas « destiné », que je n'étais sûrement pas faite pour ça, pas « capable ». C'était il y a 5 ans. 


En 5 ans, j'ai beaucoup cherché, lu, découvert, cheminé, douté, on a tâtonné en famille, savouré un stage avec Sophie Rabhi-Bouquet dans son éco-hameau, pré-acheté et visionné le dvd «Être et Devenir» de Clara Bellar dès sa sortie, avec le papa et grandes discussions enflammées alors que j'étais enceinte du 2è, accouchement en gîte de naissance, formation avec Catherine Dumonteil-Kremer pour devenir consultante, partagé sur les forums d' «unschooling radical» selon Sandra Dodd[1], rencontré d'autres familles « non-sco » en Belgique, France, Luxembourg, Espagne, Maroc, vécu des tensions et questionnements et même démissionné de l'Education Nationale.


Je peux dire que nous avons presque tout essayé et observé: 15 jours en école « classique » pour l'aînée, le déchirement chaque matin pour ce petit bout de 3 ans qui ne comprenait pas du tout l'utilité que je sois loin d'elle et auprès de tous ces autres enfants et adultes inconnus, certes sûrement bien sympathiques au demeurant, mais avec lesquels elle n'avait aucun lien, ni aucun besoin d'en tisser a priori, 1 an et demi en école Freinet, publique, avec tout type d'accompagnement, de l'institutrice passionnée par la pédagogie, à l'assistante «à l'ancienne» avec cris et menaces, la vie de nomade en camping-car pendant 7 mois, mixé avec du «couchsurfing» et «wwoofing»[2], sur plusieurs pays, qui nous a permis de découvrir 1000 façons d'éduquer, de transmettre, d'accompagner, d'enseigner, et a pu nous permettre de voir où placer notre curseur, où nous nous sentons le plus à l'aise, tous les 4, ici et maintenant. 


Nous sommes désormais au Pays Basque espagnol, avec le confort du décret « Balora », qui protège les parents « homeschoolers » depuis 2010[3], sans pour autant avoir cette appréhension d'être évalué chaque année (avec néanmoins un risque non nul d'être dénoncé aux Services Sociaux, mais en tant qu'ancienne enseignante, et aux vues de l'épanouissement de mes enfants, je n'ai presque aucune crainte pour l'hypothétique jour où j'aurais à présenter le fameux dossier de « projet éducatif individualisé »). 


Je lève les yeux de mon ordinateur, je balaie mon salon du regard, et je vois la maquette de dinosaure terminée par mon aînée ce matin dans un coin, la pâte à modeler du petit en morceaux sur le tapis (arghhhh), les livres éparpillés ici et là, la « niche » fabriquée sur le canapé avec des coussins par les deux avant de partir à la piscine avec ma belle-soeur, et comme me disait une voisine quand nous vivions à Bruxelles: « c'est vivant chez toi! ». Et oui, c'est vivant. Deux blogs m'ont principalement accompagnée et portée dans mes débuts chaotiques de maman de 2 jeunes enfants non scolarisés, ils sont canadiens, J'ose la vie, et la vie chez les vivants[4]. Et je tombe souvent. Et je me relève tout le temps. Pour faire mentir une phrase culte cinématographique de mon adolescence, je choisis de la parodier par ces mots pleins d'espoir et de joie: « jusqu'ici tout va bien. L'important, ç'est pas la destination, c'est le voyage ».



Mes collaborations

Pour une éducation bien-Veillante

Je suis intervenante dans cette belle association, qui prend de l'essor et se transforme bientôt en fédération... vous avez peut-être une antenne près de chez vous ? 

EVEA et LIVEBonheur :

Derrière cette asso et cette plate-forme, la même personne : Charlotte Huillet, désireuse d'un futur meilleur pour nos enfants, et persuadée que l'avenir heureux, ça se prépare ICI & MAINTENANT ! Donc vous pouvez dès à présent visiter son nouveau projet et nous rejoindre à une conférence, un atelier ou une consultation individuelle, tout ça depuis chez vous, confortablement installé dans la meilleure pièce de votre maison, ou où vous le souhaitez ! 
CLIQUEZ CI-DESSOUS

www.livebonheur.com

Ludolyme

Tous les premiers samedis du mois, j'animerai un café de "Parentage Inspirant", pour tous les parents et grands-parents, pendant que les enfants joueront à côté de nous !
1 rue d'aizpurdi, Hendaye

Coeur de Famille-Pays Basque

Peps cafés ou ateliers, la prochaine rencontre aura lieu le 02 février 2019, conférence gratuite le matin, atelier payant l'après-midi, sur inscription, plus d'infos par téléphone ou mail. 
site de l'asso : 
http://coeurdefamillepaysbasque.weebly.com

Mes inspirations

Sophie Rabhi-Bouquet, Catherine D-Kremer, Olivier Maurel, Catherine Gueguen, Yves Bonnardel, M-A Cotton, A. Stern, Thomas d'Ansembourg, Daniel Favre, Muriel Salmona...

Ces personnes m'ont formées, nourries, interpellées, dérangées, et je leur suis infiniment reconnaissante car ces prises de conscience et ce cheminement parfois inconfortables m'ont permis de me rapprocher chaque jour de la mère, la femme et la citoyenne que j'aime être. Ils sont souvent cités voire interviewés dans le magazine PEPS, quand ce ne sont pas eux qui écrivent : achetez-le ;)

L'éveil de votre enfant, de Chantal de Truchis Leneveu

C'est le premier livre que j'ai acheté sur la parentalité, car les échanges de mamans sur la motricité libre qu'elles offraient à leur bébé m'avaient vraiment étonnés et attisés ma curiosité... mes premiers pas dans la bienveillance « théorisée » commençaient, car je dévorais ce livre, et le trouvais vraiment captivant car d'une telle logique défiant ce que j'avais presque toujours vu et entendu... si ce n'est pour l'accueil des pleurs, je trouve que cet ouvrage est encore d'une actualité et d'un intérêt énormes dans votre rencontre avec votre nourrisson. 

Isabelle Padovani, ou la communion entre cnv et spiritualité

Ses vidéos me mettent toujours de bonne humeur, et m'apaisent en même temps... de la douceur, de la tendresse, et d'une justesse à chaque fois incroyables, que l'on soit ou non croyant, athée, agnostique, adepte de la cnv ou pas, la digne héritière de Marshall Rosenberg nous offre toujours un regard bienfaisant sur nos vies. À savourer sans modération. 

Jimdo

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